Évangéliser du Nord à l’Est – Former des disciples – Étendre l’Église

Édito

Sphère publique ou sphère privée ?

Michael J. Sandel, philosophe et professeur à Harvard, affirme : « En France, la laïcité impose de cantonner ses convictions religieuses à la sphère privée. C'est une erreur, à mon sens. Je comprends l'objectif poursuivi par le législateur : il veut promouvoir la tolérance, faciliter le vivre ensemble. Mais la laïcité aboutit à une tolérance relative : elle permet d'éviter l'autre, au lieu d'engager un vrai dialogue avec lui. J'estime que les citoyens des sociétés démocratiques doivent pouvoir exprimer, dans la cité, tous les aspects de leur identité, y compris leurs convictions spirituelles ou religieuses (1). »

Nombreux sont ceux qui, lors des fêtes de l’Ascension ou de la Pentecôte, sont heureux d’être en congé. Mais beaucoup ignorent la signification de ces jours fériés. Ils rappellent pourtant des vérités, sources de transformation et d’espoir pour celui qui les comprend et les reçoit avec confiance. Comment les chrétiens pourraient-ils se taire et ainsi priver les autres de ce qui donnerait bien plus de sens à leur existence que l’annonce de la fluctuation du taux de chômage ?

Lorsque Jésus a commencé à enseigner et à opérer des miracles, les bénéficiaires ont voulu le retenir auprès d’eux. Il a refusé car il devait annoncer la Bonne Nouvelle à toute la Palestine. Il n’a pas permis à une minorité de restreindre sa diffusion. Les apôtres Pierre et Jean ont répondu à ceux qui voulaient les empêcher de parler du Christ : « Nous ne pouvons pas garder le silence sur ce que nous avons vu et entendu (2). » Toutes les nations devaient savoir ! Jésus et ses apôtres n’ont pas perdu de vue leur mission. Ils se savaient envoyés par Dieu, qui, dans son amour, veut que tous les hommes se repentent et expérimentent le pardon de leurs péchés.

De même, nous sommes convaincus d’être des envoyés du Christ. Nous recherchons le bien de nos contemporains. Nous répondons aux questions de ceux qui nous interrogent au sujet de notre espérance. Par obéissance à Dieu, qui invite les gens à l’adorer, et par compassion pour notre prochain, nous lançons son invitation en privé et en public, dans le respect des autres. Ne pas s’effacer, mais aimer et exprimer, en public et en privé, le message confié, voilà ce qui favorisera le dialogue, le vivre ensemble dans notre pays.

Jeannot Gauggel

(1) L’Express, n°3382, pages 14 et 16.
(2) Actes 4 : 20.